À Bienne, Julien Waber accompagne depuis plus de vingt ans des jeunes et des adultes en quête d’orientation. Conseiller en orientation, il écoute, questionne et aide chacune et chacun à tracer sa propre voie. Entre introspection, confiance et méthode du Life Design, il rappelle qu’avant de savoir où l’on va, il faut comprendre d’où l’on vient.

« Ce que je trouve passionnant dans ce métier, c’est que même quand des situations se rejoignent, chacune est singulière. Il est donc primordial d’accueillir chaque individu suivant cette singularité. » La voix est rassurante, le ton bienveillant. Depuis maintenant vingt-deux ans, Julien Waber est conseiller en orientation et de carrière à Bienne, dans l’un des six centres d’orientation professionnelle du canton de Berne. Dans son bureau sobre et accueillant, il reçoit chaque jour une moyenne de quatre adultes, jeunes ou moins jeunes. Autant de consultantes et consultants d’horizons très divers. « En fonction de nos collègues, chacune et chacun de nous s’occupe d’une population de prédilection. Pour ma part, je travaille principalement avec des gymnasiennes et gymnasiens, ainsi que toute personne amenée à suivre un parcours d’études. En ce qui concerne les adultes, j’ai également un mandat avec l’ORP et l’AI, ce qui me permet de prendre en charge différents profils », souligne Julien Waber. « Nos suivis sont rarement longs, mais il se passe parfois deux, voire trois mois entre chaque entretien, pendant lesquels la personne passera autant par des phases actives que par des moments pour se vider la tête. »
Pour aider une personne à tracer sa voie ou à la changer, il faut savoir l’accompagner dans ses questionnements, et par ce biais, l’écouter se raconter. À noter tout d’abord qu’en Suisse romande, un bagage universitaire est requis dans le domaine de l’orientation professionnelle. Natif de Thoune, Julien Waber a derrière lui un riche parcours personnel et professionnel. Après une première formation d’enseignant primaire, il suit des études en psychologie clinique à l’Université de Genève. Ce qui le conduit pendant deux ans à assister la patientèle du Service psychologique pour enfants et adolescents de Bienne. Il intègre ensuite l’équipe du Centre d’orientation professionnelle, où il renforce, en cours d’emploi, son savoir de psychologue.
Le Life Design comme méthode
À l’instar de nombreux consoeurs et confrères, Julien Waber recourt depuis plusieurs années à la méthode du Life Design, qui consiste à façonner sa vie au gré d’une profonde introspection. Cet outil, qui sonde les valeurs et les qualités fondamentales de l’individu, est reconnu au niveau scientifique et le canton de Berne l’inclut dans les prises en charge possibles. « On crée son scénario en partant à la quête du sens que chacune et chacun souhaite donner. On explore alors toutes les sphères de vie de la personne, sans nous limiter à son travail. On regarde comment ce travail s’insère dans un contexte global, et quelle importance il peut avoir pour la personne. » L’approche est clairement holistique et permettra de se positionner. Or, pour bien appréhender son avenir, il convient aussi d’explorer son passé. « Pour savoir où l’on va, il est très important de savoir d’où l’on vient ! », appuie le conseiller. Entre les personnes qu’il accompagne et lui, un rapport de confiance doit pouvoir s’instaurer. À écouter Julien Waber, chaque partie contribue à y mettre du sien. « Ça se passe généralement très bien, dans la mesure où dans la grande majorité, les personnes font elles-mêmes la démarche de venir vers nous. Il n’y a pas d’injonction ni d’obligation. C’est même très rarement imposé dans le cadre du chômage, où l’on part d’une décision commune entre la demandeuse ou le demandeur d’emploi et sa conseillère ou son conseiller. »
De la plâtrerie aux transports ferroviaires
Afin d’illustrer des reconversions pertinentes, Julien Waber partage un exemple concret. Celui de Jo (nom connu de la rédaction), 50 ans, ex-patron d’une entreprise de peinture et de plâtrerie. « Il avait le sentiment de stagner. Bien qu’il s’était énormément formé dans le domaine de la conservation-restauration, il recevait très peu de demandes sur ce plan-là et devait principalement se charger de chantiers courants. Ce qui a fait apparaître au fil du temps de la frustration. La démarche d’accompagnement a été relativement classique. Après avoir mis en lumière où ça coinçait, je lui ai proposé un certain nombre d’exercices pour faire un état des lieux de son activité professionnelle, analyser ses valeurs qualitatives, puis tracer toutes ses lignes de vie entre son vécu et ses visions d’avenir. » En l’espace de cinq séances sur une année, le cheminement a mis en exergue la réelle passion du peintre pour la conservation-restauration. Aujourd’hui, de sorte à pouvoir s’en tenir à cette mission en tant qu’indépendant, Jo travaille en parallèle à temps partiel pour une compagnie ferroviaire. « Parmi ce qui était apparu dans ses lignes de vie, il y avait sa grande affinité avec le milieu des trains », relève Julien Waber. « Il est aujourd’hui enchanté, car suite à nos échanges et à toute l’évolution, il a pu retracer l’essentiel de ses besoins et de ses aspirations. Il prend une direction que lui-même a choisie et s’est forgée. »
Julien Waber (52)
vit à Malleray dans la commune mixte de Valbirse. Marié et père de deux filles adultes, il voue une passion aux arts martiaux en général et pratique activement le kung-fu shaolin ainsi que le taï-chi-chuan. Il préside le Club de kung-fu de l’Orval, au sein duquel il officie comme instructeur.
Salomé di Nuccio
Foto: Pia Neuenschwander
EDUCATION 2.26