Logo Kanton Bern / Canton de BerneEDUCATION

Ces nouveaux systèmes et projets qui font du bien

Lorsqu’on compare l’école d’il y a 20 ans à celle d’aujourd’hui, on se rend bien compte qu’en matière de Transmission du savoir, les outils et méthodes ont considérablement évolué. Les enseignantes et enseignants, de leur côté, sont de plus en plus enclins à faire preuve de créativité, à tenter des concepts innovants et à lancer de nouveaux projets.

À Malleray, dans la commune fusionnée de Valbirse, l’École secondaire du Bas de la Vallée a célébré, en 2025, son centième anniversaire. Pour ses 180 élèves domiciliés entre Pontenet, Malleray-Bévilard, Champoz, Sorvilier et Court, ainsi que leurs 20 enseignantes et enseignants, un programme sans précédent a par conséquent rythmé l’année scolaire en cours. Avec notamment la mise en scène d’un conte philosophique, ainsi qu’une dizaine de projets formateurs sur le thème du développement durable. Autant d’activités inhabituelles qui apportent leur part de fraîcheur, et, par ce biais, leur pierre à l’édifice du système éducatif. Six élèves de 11 H ont volontiers exprimé leur point de vue à ce sujet. Sans prétentions excessives et même plutôt avec une certaine sagesse, ils nous parlent des nouveautés qu’ils ont en particulier appréciées, et, de fil en aiguille, de celles qu’ils rêveraient voir introduire.

Vincent, 15 ans, de Court

« De la part de la direction de notre école, je trouve cool d’avoir pris l’initiative d’installer des panneaux solaires sur le toit. Nous avons aussi construit des hôtels à insectes dans le cadre du centième anniversaire, et planté une centaine d’arbres dans nos villages avec l’aide d’un paysagiste. Les différentes étapes ont pris du temps, mais c’était chouette à faire et intéressant parce qu’on a appris pas mal de choses sur l’environnement. Cela m’a davantage sensibilisé au sujet. Après avoir travaillé sur le thème du développement durable, je me dis que ce serait une bonne idée de continuer sur cette lancée et d’en faire plus dans ce domaine. En plantant d’autres arbres et des plantes dans le parc de l’école, voire en faisant poser d’autres panneaux photovoltaïques. »

Daniela, 16 ans, de Malleray

« On utilise passablement les chromebooks, plus souvent que d’autres écoles à entendre certains jeunes de la région. Je pense que c’est pas mal, parce qu’on doit quand même s’adapter à de nouveaux moyens d’apprentissage. Le professeur d’allemand nous prépare parfois des petits jeux, qui nous permettent d’apprendre le vocabulaire de façon ludique. On peut faire beaucoup de trucs, et pas seulement des exercices écrits qui pourraient devenir lourds ou rébarbatifs. Personnellement, ça m’aide beaucoup. On a toujours besoin d’un peu d’innovation pour avancer, mais je suis en même temps d’avis que ce n’est pas urgent d’en faire plus pour le moment. L’usage de trop d’écran n’est pas bon pour nos yeux, et ça deviendrait répétitif, à la longue. Avoir une bibliothèque plus grande serait par contre vraiment chouette. Il y aurait plus de variété pour tout le monde. »

Diogo, 15 ans, de Malleray

« J’ai beaucoup aimé le centième anniversaire de l’école, parce qu’il nous a permis de vivre une année scolaire un peu hors cadre. Avec deux camarades, on a pu construire un mur en pierres sèches dans le parc. C’est le genre d’activité qui nous sort du cadre scolaire et qui nous motive. J’aime bien aussi les chromebooks pour le changement qu’ils apportent, mais sans vouloir pour autant des moyens technologiques plus sophistiqués. Je ne pense pas que ce soit nécessaire pour mieux apprendre. Je verrais plutôt des récréations plus longues avec un endroit tranquille pour celles et ceux qui en éprouvent le besoin. Juste une salle où se poser en petit groupe et où nos téléphones portables seraient tolérés. Je trouve que les interdire ne sert à rien. Ils peuvent nous être utiles lorsqu’on est fatigué ou qu’on a envie d’être un peu dans son monde. Pouvoir disposer d’un plus grand terrain de foot serait également pas mal. »

Addison, 15 ans, de Court

« Depuis la fin de l’année passée, une de nos enseignantes nous accorde davantage de liberté pour apprendre. On peut s’y prendre davantage à notre manière, et en ayant notre mot à dire sur les thèmes à étudier en prévision des tests. En tant qu’élève plutôt autonome qui aime bien prendre des initiatives, je me sens du coup plus responsable et ça m’aide vraiment beaucoup ! Je trouverais maintenant bien d’avoir un nouveau système pour les dictées. Comme j’ai un problème de concentration, j’ai souvent eu de mauvaises notes dans cette matière. Je pense que ça nous aiderait qu’elles soient préenregistrées par les enseignantes et enseignants, pour qu’on puisse ensuite les écouter à travers un casque. On aurait la possibilité de mettre sur pause quand on veut, car c’est parfois compliqué d’arriver à suivre, et parce qu’on n’ose pas forcément demander de répéter par peur de déranger. On se sentirait moins sous pression. »

Vinca, 16 ans, de Malleray

« Tout le monde n’apprend pas de la même manière. Certaines personnes apprennent en écoutant ou en écrivant, alors que d’autres, comme moi, sont manuelles. Et l’avantage avec le centième anniversaire, c’est d’avoir pu toucher à beaucoup d’activités manuelles. On pouvait même travailler le bois. Qu’est-ce j’aimerais voir changer ? Je trouve que les enseignantes et enseignants devraient accorder la même attention à tous les élèves. Comme je suis dans une classe assez agitée, j’ai l’impression qu’ils font moins attention aux élèves qui sont timides ou introvertis. Sinon, au lieu de nous servir uniquement des pains durant nos pauses matinales, on pourrait peut-être aussi nous installer un distributeur. Pas forcément avec beaucoup d’articles, mais au moins des boissons et quelques en-cas. »

Thierry, 15 ans, de Bévilard

« Les activités qu’on nous a proposées à l’occasion du centième anniversaire m’ont toutes bien plu. Nous avons pu monter une émission de radio dans un local de l’école. Nous avons passé des morceaux de musique, parlé à l’antenne et interviewé des personnalités. Depuis, je bégaie nettement moins quand je m’exprime. Avoir dû écrire des textes pour nos présentations m’a aussi un peu aidé pour les leçons de français. À l’avenir, j’imagine que ce serait bien de pouvoir disposer de deux terrains de sport. Cela donnerait la possibilité de jouer un match de foot au même moment qu’une partie de basket, et non de devoir choisir entre l’un et l’autre. »

Salomé Di Nuccio

Fotos: Salomé Di Nuccio

 

EDUCATION 2.26

Seite teilen